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Sur le chemin.

Les premiers balbutiements de cette pré-retraite obligée sont encore à éclore que je suis convaincue que je vais m'en sortir avec un peu de repos et petites pilules. À cet instant, nous sommes à deux semaine du coup fatal du diagnostic et admettre que plus que cela serait nécessaire ne faisait pas partie des plans. Le plan était bien simple, je serais sur pied et prête à remonter sur le cheval de la vie dans deux semaines. Un mois serait suffisant.


Me voilà un mois plus tard devant le constat évident : je ne vais pas mieux !


Non seulement je ne vais pas mieux, je dors encore moins et mon esprit est encore plus embrumé qu'à l'habitude. Comme si cela ne suffisait pas, la médication inadéquate me donne des terreurs nocturnes et des cauchemars aux images pas très catholiques. De rendez-vous en rendez-vous téléphonique, le médecin tente d'établir les bons dosages, les bonnes avenues à explorer, etc. Entre les nuits d'insomnies, les idées noires d'un noir si pur que je n'ose pas les exprimer nulle part de peur qu'elles se matérialisent et les montagnes russes émotives, je survis. Je m'accroche ! Confinement et école à la maison obligent. L'image de mère que je veux être pour mes enfants et la conjointe que je désire offrir à mon homme sont des moteurs puissants pour me garder sur la "TRACK" comme on dit. Ces obligations, que je m'impose, cette perfection sous-entendue dans mes faits et gestes me portent comme un buzz, un shoot d'adrénaline puissant. Je suis vivante, car je FAIS tout ce qui est requis pour que chacun des membres de ma famille ne manque de rien, je réussis, j'avance.


C'est alors, qu'en plus de constater au fil des jours que je ne vais pas mieux, que je pleure de plus en plus entre les gouttes d'eau qui me font office de camouflage dans la douche, je constate que je ne peux plus y arriver seule. Je ne suis pas à la hauteur, je suis faible ont été mes premières idées et ensuite sont venues en rafale toutes mes croyances les plus enfouies et je vous en épargne ici toute l'ampleur de ce que cela peut représenter. Sans le savoir, j'avais mis le pied à cet instant précis dans le point de non-retour, le point précis où reculer n'est plus une option et qu'avancer est la seule solution aussi difficile que cela puisse être.


Alors si je ne peux y arriver seule, quelles sont mes options ?


En cette ère de développement personnel, d'élévation des consciences au niveau planétaire et au moment où tout le monde se proclame coach, je vous jure que les tentations de suivre toutes les formations et les coachs pour aller mieux sont partout. Ma tendance à ne pas croire en moi, à me considérer inférieur en savoir et en compétences et surtout mon manque indescriptible de constance au quotidien sont maintenant visibles plus que jamais. C'est dans cette recherche infinie que je me décide à accepter un suivi psychologique suggérer par mon soutien d'aide aux employés de mon travail, ce sera ma porte de sortie, ma solution.


Première rencontre, deuxième rencontre et ainsi de suite de semaines en semaine, j'ai l'impression de lui faire perdre son temps et surtout de ne pas avancer. J'ai la nette impression d'être prise avec un cancer incurable et tenter d'étirer le temps avant la mort complète de mon âme. Je me juge, je m'isole et tout à coup sortir aller faire les courses est pour moi une épreuve monumentale. De fil en aiguille, je me transforme en, ce que j'appelle, une larve humaine. Me laver, m'habiller, sourire, parler et interagir deviennent des gestes tout simplement insurmontables, mais il ne faut pas montrer cette faiblesse alors je pousse la machine en évitant le plus délicatement toute interaction avec un autre humain ou avec moi-même si possible.


Suis-je sur la voie de l'éveil et de l'amélioration ou si je suis en train complètement de me perdre dans toute cette aventure ?


Je n'abandonne pas, mais je me questionne de plus en plus. Je n'abandonne pas, mais je me remets en question. Je n'abandonne pas...... Pas pour l'instant. J'ai pris conscience que la dépression n'est pas un passage linéaire et simple. J'ai aussi pris conscience que j'avais besoin de faire plus qu'ingurgiter des méthodes, des outils ou des conseils. J'ai pris conscience que je devais intégrer véritablement mes acquis à mon mode de fonctionnement et surtout de nettoyer mes anciennes pensées et croyances. De plus en plus, je prends conscience que je suis humaine non seulement par procuration, mais à part entière et que c'est à moi de me choisir et de décider de ce je ferai de ce corps et de cet esprit pour devenir une meilleure humaine.


Je suis une âme en cavale, une petite fille à la découverte, une humaine en construction et bien plus encore......


C M

Commentaires


Ce n'est pas toujours Parfait mais sans erreurs, pas de leçon, pas d'évolution.

C M

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